Présentation
Présentation (4ème de couverture)
Vous les connaissez! est un recueil de quarante-cinq portraits au vitriol sur la gent masculine à la sauce humour. Une observation juste, drôle, incisive et sans concession des hommes de tous bords et de toute condition. Qu'ils soient touchants, désopilants, antipathiques, très sympathiques ou encore pathétiques, ils ont trouvé leur place dans ce livre pour le plus grand bonheur des amateurs du genre.
Une série de portraits tous plus amusants les uns que les autres. Chacune devrait reconnaître son chacun. Johnny, le fan de Johnny (plus vrai que l'original); Pierre, le dictionnaire (véritable bibliothèque sur pieds); Raoul, le pilier de comptoir; Thierry, le goujat; Patrice, l'hypocondriaque; Claude, « il », à moins que ce ne soit « elle »; André, l'imposteur; Joël, l'incruste; Paul, le carré d'as; Arnaud, le cavaleur; Seb, le « j'y vais à mon rythme » pour ne citer que ceux-là vous embarqueront dans leur univers très personnel. Vous reconnaîtrez à coup sûr certains d'entre eux!
Morceaux choisis :
Jean-Claude, le radin
Il compte, il compte, il compte! Il additionne, le jour; il multiplie, la nuit; il divise, le week-end et soustrait, en vacances! Vingt-quatre heures sur vingt-quatre, trois cent soixante-cinq jours par an, son cerveau est en ébullition. Des perles de sueurs, souvent froides, perlent sur son front lorsqu'il multiplie ou additionne, alors qu'il a l'air nettement plus détendu lorsqu'il soustrait. Quand il divise, il n'est pas loin du Nirvana. Surtout quand le quotient concerne les autres. Son entourage n'en peut plus et le fuit comme la peste dès qu'il sort – à tout bout de champ – sa calculette sans pile. « Avec ça, je peux calculer tant que je veux, ça me coûte pas un kopeck! ». Alors, il en profite. Tout y passe! Il n'arrête pas de faire ses comptes et comme si ça ne lui suffisait pas, il fait ceux des autres! Du coup, certains de ses amis de longue date basculent dans la colonne « entourage dangereux à éviter de toute urgence ». Il n'a aucune limite dans sa folle histoire d'amour avec les chiffres. Aussitôt reçoit-il une taxe quelconque, identique et due par tout citoyen, qu'il se précipite comme si sa survie en dépendait, chez son voisin pour vérifier si, lui aussi, a reçu la maudite taxe à payer, ne voulant pas laisser la place au plus petit doute que cet impôt ne soit dû que par lui. Il remet le couvert lorsque la taxe d'habitation ou les impôts sur le revenu font leur apparition dans sa boîte aux lettres, oubliant – et ce n'est pas un détail – que ces deux derniers sont proportionnels aux revenus de chacun et par conséquent, différents pour tou. Il frôle presque l'érection lorsqu'il constate que ses voisins paient plus que lui et baigne dans le ridicule dont il ne s'aperçoit même pas. Chaque samedi est un jour redouté par se femme, mais encore plus par lui et fatiguant pour tous. Tous les vendredis soir sont consacrés à établir la liste des courses qui ne prend que quelques minutes chez les gens normalement constitués, mais pas chez eux; toute la soirée y passe. Et attention, il ne s'agit pas ici de regrouper les bons de réductions sur les articles qu'ils ont l'habitude de consommer; non, on va acheter et manger ce qui est en promotion cette semaine et ça ne souffre aucune discussion: Qu'on aime ou qu'on aime pas; c'est moins cher et puis, c'est tout! Les rares occasions de faire un cadeau à sa femme sont un nouveau prétexte à se taper la honte sans que ça ne lui effleure même pas l'esprit. Un sac à main ferait plaisir à Madame; deux questions se posent alors et surgissent plus vite que l'éclair dans la bouche de Jean-Claude : de un; combien il coûte? De deux; vous me faites un prix? Le tout devant les yeux ébahis de sa dame qui hésite à peine entre la gêne et l'admiration face au talent non dissimulé de son homme de ne pas dilapider l'argent du ménage. Au dîner, c'est souvent jambon purée. Ils ne sont pas rassasiés, mais c'est pas cher! « Quoi? », s'étrangle-t-il, « tu prends une tranche entière de jambon, toi? On voit bien que c'est pas toi qui le paie! ». Sa femme pense à ramener des steaks pour lui faire une surprise. « Hmm! Qu'est-ce que ça sent bon; on va se régaler! ». Vingt-cinq secondes plus tard, le naturel revenant toujours au galop et, la fourchette plantée dans la viande, le couteau prêt à entailler la chair, les yeux exorbités d'impatience : « T'as payé ça combien? » balaie d'un coup la surprise, l'appétit et tout le reste!
Johnny, le fan de Johnny
On ne peut pas lui reprocher grand chose. Tout a commencé par la faute (si s'en est une?) de ses parents de lui donner le même prénom que l'idole des jeunes, l'idole de toute la famille; notre Johnny national! Par chance, c'est en garçon qu'il a fait son apparition sur terre car s'il était né fille; tout le monde aurait été dans l'embarras! Ses parents ont suivi toutes les tournées de Johnny à travers toute la France et pris soin, à chaque concert, de dévaliser la boutique souvenirs qui – et c'est bien incompréhensible – ne prévoyant pas de tailles enfants; Johnny se voyait offrir des t-shirts lui arrivant aux mollets. Toute son adolescence, il n'a entendu que les chansons et vu que les spectacles de Johnny. Si on lui demande de citer trois chanteurs, il répond : « Johnny, euh... Johnny... et... j'me souviens pas des autres... donc, Johnny! ». Aujourd'hui, Johnny est adulte, roule en Harley, s'habille tout en cuir, se coiffe comme Johnny, a les mêmes tatouages que le chanteur, mais n'a pas du tout les mêmes cordes vocales et il vaut mieux pour la paix dans le monde et la bonne santé de chacun, de ne pas l'emmener dans un karaoké ou, après quelques bières, la nostalgie l'envahit et c'est les yeux pleins de larmes qu'il balbutie « que je t'aime... que je t'aime... que je t'aime... »; les trois seuls mots qu'il connaît de la chanson toute entière. A se demander d'ailleurs si ce ne sont pas les trois seuls mots qu'il connaisse de tout le répertoire de Johnny parce qu'en plein « Laura », « Noir c'est noir » ou encore « Allumer le feu », notre ersatz se désespère toujours « que je t'aime... que je t'aime... ». Mais ce qui lui a donné le plus de mal jusqu'ici, c'est de trouver la femme de sa vie. Ce n'est déjà pas simple – paraît-il! - pour le commun des mortels mais trouver une femme blonde, de trente ans sa cadette et qui porte le prénom de Laeticia fut un exercice qui risqua bien de le faire passer à côté du bonheur."
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